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Publié le - Mise à jour le
Entre 2016 et 2024, les infractions pour atteinte à la probité ont augmenté de 50,9 % en France. Des chiffres qui suivent le ressenti des citoyens qui estiment, pour 70 % d’entre eux, que la corruption est répandue dans le pays (1). Alors, pour faire face à ces dérives, le gouvernement a publié, le 14 novembre 2025, un nouveau plan pluriannuel de lutte contre la corruption 2025-2029. Audit de contrôle, prévention, formation… Voici les mesures phares.
Avec ce plan de lutte contre la corruption et les atteintes à la probité, l’État souhaite restaurer la confiance des Français en leurs institutions. Le but est également de redynamiser l’économie du pays, mais aussi l’action sociale et la démocratie. Pour ce faire, ce plan pluriannuel se déroulera sur 4 ans et prévoit 4 axes d'amélioration pour un total de 36 mesures.
Face à l’augmentation des atteintes à la probité, l’État a fait le choix de se doter de moyens plus complets pour lutter contre cette corruption. Ce premier axe entend ainsi répondre à 5 objectifs principaux :
Les mesures 1 à 7 ont pour but de s’assurer que les mécanismes de lutte sont suffisamment performants. La toute première mesure consiste par exemple à créer un comité interministériel pour prévenir et lutter contre la corruption. Les mesures suivantes vont permettre de mettre en place un dispositif de prévention dans toutes les administrations, renforcer la sensibilisation au sein des institutions, désigner un coordinateur dédié, former les personnels, sécuriser les achats publics et renforcer la surveillance de l’État.
La corruption liée à la criminalité organisée est également prise en compte par les mesures 8 à 13. Ces dernières prévoient notamment d’identifier les nouveaux risques et les modes de criminalité organisée, mais aussi de mieux sécuriser les fichiers étatiques sensibles ainsi que les dispositifs déjà en place dans les ports et les aéroports. Le passé et le comportement des agents sera davantage contrôlé et les faits de corruption seront plus facilement signalés et diffusés.
Les moyens de détection des atteintes à la probité sont également renforcés par les mesures 14 à 17. Les dispositifs d’alerte devront ainsi être connus de tous les agents et la coopération entre les différentes institutions sera renforcée pour faciliter la détection. La CNCCFP pourra également recevoir des renseignements de Tracfin.
Les mesures 18 à 21 ont pour but de renforcer l’action pénale en créant notamment des services spécialisés dans la lutte contre la corruption. La coordination entre les différentes instances juridiques et étatiques sera aussi renforcée.
Les mesures 22 et 23 de ce plan pluriannuel visent enfin à développer la connaissance de tous les acteurs en matière d’atteinte à la probité. Pour cela, des études seront menées pour connaître toutes les modalités de corruption et des formations de prévention seront dispensées dans les universités, dans les filières traitant des questions de droit, de gestion, de conformité et d’économie.
Avec ce deuxième axe, l’État entend donner les moyens aux collectivités territoriales de se défendre contre la corruption. Ces dernières sont particulièrement exposées aux atteintes à la probité, c’est pourquoi les mesures 24, 25 et 26 leur sont dédiées. Elles prévoient de clarifier le cadre juridique, notamment en ce qui concerne les recrutements familiaux dans les collectivités, mais aussi les mesures déontologiques de sécurité intérieure au sein de la police municipale.
Les acteurs locaux seront également accompagnés pour éviter et détecter les atteintes à la probité grâce à de nouveaux outils et à des formations dédiées pour les agents. Les dispositifs de prévention et de détection continueront quant à eux à être contrôlés régulièrement.
Les professionnels et entreprises de certains secteurs comme le droit, le chiffre ou le commerce sont également très exposés aux risques de corruption. Les mesures 27 à 30 du plan prévoient ainsi d'améliorer la formation de ces acteurs et de les sensibiliser aux risques émergents. Le plan entend également garantir une concurrence loyale au niveau international et protéger les entreprises françaises face aux pratiques de corruption qui faussent l’accès aux marchés mondiaux. Pour cela, l’État prévoit de défendre des règles communes de prévention et de détection de la corruption dans les organisations internationales.
Plusieurs organismes, tels que la Chambre de commerce international, estiment que la perte de richesse engendrée par la corruption représente pas moins de 5 % du PIB mondial (2). La lutte doit donc s’étendre au-delà des frontières de la France. Le plan prévoit ainsi 6 mesures pour mettre en place cette lutte. La France s'engage notamment à doter l’Union européenne d'une stratégie complète de lutte contre la corruption, mais aussi à encourager la transparence et la probité au sein des instances européennes. Le plan entend également veiller à ce que tous les États respectent leurs engagements et souhaite renforcer la coopération dans la lutte contre la corruption.