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Publié le - Mise à jour le
Bien plus qu'un simple « buzzwod », le design thinking est une approche innovante, basée sur l'intelligence collective, qui tire ses racines dans les années 50. Mais en quoi consiste-t-elle concrètement ? Et comment l'utiliser en formation ? Réponses en vidéo avec Emmanuel Brunet, fondateur de l'Institut du design thinking et auteur de deux ouvrages de référence : « La boite à outils du Design Thinking » et « La boite à outils de la Facilitation », parus aux éditions DUNOD.
Le design thinking est un état d'esprit et une méthode d'intelligence collective qui permet de créer de l'innovation en se concentrant sur l'utilisateur final. Entreprises, particuliers, associations, institutions publiques… tout le monde peut utiliser le design thinking pour améliorer ou créer un produit, un service, un site internet, une application, mais aussi un lieu, une organisation, etc. Cette approche permet de résoudre des problèmes complexes, avec beaucoup de parties prenantes, de manière innovante.
Le design thinking est divisé en cinq phases, très simples :
Dans un contexte de formation professionnelle, le design thinking permet de mieux cerner les besoins formation et les attentes des apprenants, ainsi que leurs craintes. In fine, cette approche permet de proposer des formations ou des parcours de formation bien plus adaptés et efficaces. Le design thinking, c'est de l' « innovation for good » : on cherche à faire le bien autour de soi.
Voici un exemple concret d'application du design thinking. General Electric, entreprise spécialisée dans la fabrication d'IRM ont constaté que leurs machines n'étaient pas adaptées aux enfants. Ces derniers avaient souvent peur et étaient agités pendant les examens. Au lieu de simplement créer une machine adaptée aux enfants, un ingénieur a proposé d'appliquer les principes du design thinking. Ils ont rapidement compris que le problème résidait dans l'expérience des enfants, et non dans la machine elle-même. Les ingénieurs ont alors conçu une expérience immersive sur le thème des pirates : le personnel hospitalier, s'il le souhaite, peut se déguiser en pirate avec un bandeau noir et un perroquet en plastique, et raconter une histoire pour distraire et apaiser les enfants pendant l'examen.
Le design thinking vise avant tout à favoriser l'innovation. C'est un processus spécifiquement conçu pour cela. Le deuxième objectif est de créer de l'empathie en utilisant l'intelligence collective au sein d'une équipe pluridisciplinaire, qui travaille sincèrement et sur la base de faits, sans manipulation. Cet état d'esprit est central dans le design thinking.
Le troisième enjeu est de permettre des prises de décisions importantes, non seulement pour les participants et le noyau dur de l'équipe, mais aussi pour l'entreprise et, potentiellement, pour des questions sociétales.
Enfin, le quatrième enjeu est de donner du sens au travail. Les équipes pluridisciplinaires travaillent directement sur des sujets qui les concernent et connaissent leurs utilisateurs finaux, ce qui les motive davantage. Cela contribue à réduire l'absentéisme, car les employés comprennent pour qui et pourquoi ils travaillent. À long terme, cela peut également avoir un impact sur la prévention du burn-out.
L'intelligence collective en formation sert notamment pour ce qu'on appelle la fertilisation croisée. Concrètement, une personne expérimentée apprend à une autre moins expérimentée.
Un exemple de cet outil d'intelligence collective est le World Café. Le principe est de diviser un grand sujet en plusieurs sous-questions, disons trois ou quatre, avec chaque question assignée à une table. Par exemple, si l'on a trois sujets, on aura trois tables. Les participants, en petits groupes, vont se déplacer de table en table pour répondre aux questions, chercher des informations, ou trouver de l'inspiration.
Durant le premier round, chaque groupe écrit ce qu'il sait déjà sur le sujet, pendant 7 à 10 minutes. Ensuite, au deuxième round, les groupes changent de table, lisent les contributions des groupes précédents, et ajoutent des informations ou modifient des idées pendant 7 à 10 minutes. Au troisième round, les participants se déplacent à nouveau, s'assurant que chacun a participé à chaque sujet. Le dernier groupe agit comme valideur, relisant et vérifiant toutes les contributions.
Ensuite, on fait une restitution où le formateur confirme et complète les informations. Cette méthode active et engageante permet aux participants de rechercher eux-mêmes les informations, facilitant ainsi la rétention et la réutilisation des connaissances acquises.