Gestion de projet : petit guide des différentes méthodologies

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Contexte d’innovation, développement de produits ou services, changement de modèle organisationnel, recherche d’amélioration de la performance : autant de raisons, pour les organisations, d’adopter le travail en mode projet ! Logiquement, celui-ci est donc monté en puissance dans les entreprises. Sachant que, derrière cette notion, se cachent plusieurs méthodologies distinctes de gestion de projet. Laquelle mobiliser, en fonction du contexte, des objectifs et des besoins ? Tour d’horizon.

En gestion de projet, il est crucial de définir les contours de ce qui va constituer une expérience unique

Plusieurs caractéristiques doivent être prises en compte pour cadrer efficacement la démarche. En quoi le projet est-il innovant, différenciant ? Est-il « isolé » ou s’inscrit-il dans une continuité ? Quels sont ses objectifs ? Sur ce volet essentiel, plusieurs éléments entrent en jeu : le triangle des objectifs QCD (Qualité, Coût, Délais) ; la nature des livrables attendus ; et les indicateurs de retour sur investissement. Il est également recommandé de considérer les facteurs d’incertitude qui peuvent impacter son déroulement – pour tenter de les anticiper.

Sans planification du projet et de ses étapes, point de réussite ! La méthode PERT (Program Evaluation and Review Technic) offre par exemple une vue d’ensemble et dans le détail, à la fois macro et micro. Le diagramme va fournir une représentation du calendrier du projet, avec les différentes étapes et tâches à réaliser.

Avec les méthodes classiques, l’approche est séquentielle

Les méthodes prédictives, également dites « séquentielles », ont été développées pour l’essentiel entre les années 1950 et 1970. Pragmatiques, elles proposent des techniques supposées s’appliquer à tous les projets. Ceux-ci sont considérés comme prévisibles, linéaires, avec un cadre et un périmètre stable. Leur mise en œuvre déroule un cycle de vie séquentiel, avec pour chaque phase une description des tâches, ainsi qu’une répartition des rôles et la projection des résultats attendus. Ces méthodes partagent la conviction que tout problème, toute variation de la feuille de route, découlent de causes qui peuvent identifiées et corrigées. C’est d’ailleurs leur principale limite : ne pas toujours permettre d’anticiper les facteurs de risque ni de répondre à l’évolution du besoin ou du périmètre. Elles sont donc à privilégier pour les projets balisés, ne présentant pas de complexité particulière.

Parmi ses méthodes, on trouve Waterfall, la plus facile à mettre en œuvre. Elle repose sur un principe simple : achever une tâche avant de débuter la suivante. Le déroulement du projet consiste ainsi en une suite d’étapes successives. La CPM (Critical Path Method), ou méthode du chemin critique, vise à évaluer le temps nécessaire à chaque tâche. Ce chemin critique permet d’établir leur niveau de priorité pour organiser le déroulement cadencé du projet. La méthode CCPM (Critical Chain Project Management) suit la même logique en accordant une attention particulière aux ressources et à leur répartition. La définition du planning prévoit également une marge pour s’assurer de ne risquer aucun retard.

Dans un monde incertain, la gestion de projet se fait agile

Ces 20 dernières années, ce sont les méthodes agiles qui sont montées en puissance, au rythme du contexte VUCA (Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity) qui accompagne désormais la vie des entreprises. Le Manifeste agile, défini en 2001 par des acteurs de l’IT, décline 12 comportements associés à 4 valeurs : les individus et leurs interactions comptent davantage que les processus et les outils ; des logiciels opérationnels, plus qu’une documentation exhaustive ; la collaboration entre développeurs et clients, plutôt que la négociation contractuelle ; l’adaptation au changement, au-dessus de l’exécution d’un planning.

Les méthodologies agiles, qui donnent la priorité à la dynamique itérative et à l’adaptabilité, mettent ainsi l’accent sur la co-construction avec le client, interne ou externe, et la possibilité de faire évoluer les livrables. De nombreuses méthodes appliquent ces principes, comme Scrum. Le Scrum Master qui encadre l’équipe, a pour mission principale d’éliminer tous les obstacles ; des réunions quotidiennes permettent d’identifier ces derniers et d’évoquer les avancées du projet, découpé en cycles de deux semaines – les désormais célèbres Sprints.

Des entreprises de plus en plus nombreuses privilégient le « meilleur des deux mondes »

Une gestion de projet hybride présente l’intérêt de mixer les points forts des méthodes prédictives et des méthodes agiles. Les premières vont davantage servir à guider la structuration d’ensemble du projet : son pilotage, sa planification, la communication et le rôle de chaque acteur. Les secondes seront alors mobilisées sur la déclinaison opérationnelle. La gestion humaine verra par exemple la mise en place d’une équipe auto-organisée. Au niveau des modes de coopération, les clients internes ou externes participeront à chaque étape du projet. Quant à la définition du planning et au déroulement de l’ensemble du projet, ils s’inscriront dans un esprit itératif.

En matière de gestion de projet, tout est affaire de méthodes… Et il n’en manque pas ! Pour sélectionner la plus pertinente, il est indispensable d’identifier en amont les spécificités du projet à conduire. De ces dernières découlera le choix à opérer entre méthodes traditionnelles, agiles ou hybrides.

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