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Publié le - Mise à jour le
Le e-learning a nourri beaucoup d’espoirs dans le milieu de la formation. Pour les responsables formation, le e-learning apparaissait comme un eldorado pour son attrait économique. Dans la logique financière actuelle du « faire plus avec moins » que l’on retrouve sur marché de la formation le e-learning a semblé être une solution optimale. Après plus d’une décennie, le e-learning, malgré quelques très bons produits, peine à s’imposer dans le champ de la formation professionnelle comme l’indique les forts taux d’abandon. Mais alors comment expliquer ces faibles taux de complétude ? Est-ce un problème technique ou est-ce bien plus profond que cela ? Tentative d’explication.
Lorsque l’on parle de e-learning, on peut faire un lien direct avec les nouvelles technologies. Davis, Bagozzi et Warshaw (1989) proposent une « grille de lecture » pour mieux comprendre l’utilisation des nouvelles technologies, il s’agit du TAM (Technology Acceptance Model).
D’après le TAM, les logiciels employés, l’ergonomie de la plateforme, ou la qualité technique des modules peuvent être un frein à l’utilisation des technologies. Il en va de même pour les conditions matérielles d’utilisation de ces capsules e-learning. D’où la nécessité de proposer aux apprenants des conditions favorables pour se former à distance (en proposant par exemple des temps ou/et des espaces dédiés). Donc en ce qui concerne le e-learning, cela pourrait expliquer pourquoi autant d’apprenants ne vont pas au bout de leur parcours
Selon Deci et Ryan (2000), l’individu a trois besoins fondamentaux qui sont à la base de toutes les motivations : un besoin d’autonomie, c’est-à-dire le besoin d’être à l’origine de ses propres actions, c’est le principe d’auto-détermination. Un autre besoin de compétences, en d’autres termes, il s’agit d’utiliser ses capacités à bon escient. Il sera très difficile pour un individu d’effectuer une tâche pour laquelle il est sur ou sous-qualifié dans son cadre professionnel. Le dernier besoin de base, et celui qui va nous intéresser, est le besoin de relations sociales. Dans le cadre du e-learning les deux premiers besoins fondamentaux sont remplis. Cependant, en étant abandonné devant son écran, l’apprenant ne comble pas son besoin de relations sociales. Il est donc fort probable que le sentiment de solitude que ressent l’apprenant soit à l’origine de l’échec du e-learning.
Alors, tout n’est bien entendu pas négatif dans l’utilisation du e-learning. Des axes sont d’améliorations sont possibles, un travail d’accompagnement du changement, en prenant par exemple soin de bien expliquer les technologies, et accompagner les apprenants tout au long de leurs parcours (en incorporant le manager) semblent être deux axes primordiaux pour une stratégie e-learning efficace.
Paul-Augustin DENNERY, ingénieur pédagogique chez ELEGIA Formation