Covid-19 : les élus face à l’anxiété du déconfinement

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La levée progressive des restrictions est sans doute vécue comme un soulagement par un grand nombre de salariés. Mais ce changement ne génère-t-il pas certaines inquiétudes ? Après 2 ans de nouvelles habitudes prises pour s’adapter à la crise sanitaire, tourner la page et reprendre « la vie (professionnelle) d’avant » peut entrainer angoisse et autres troubles psychosociaux. Pour y faire face, que peuvent faire les entreprises et les élus ?

 

Qu’est-ce que l’anxiété du déconfinement ?

Pour le Centre Canadien d’Hygiène et de Sécurité au Travail (CCHST), du fait de la levée des restrictions sanitaires en milieu professionnels, certains salariés peuvent ressentir une anxiété spécifique dite du déconfinement.

 

Cette anxiété se provient d’une inquiétude pour sa propre santé (et de celle de ses proches) mais aussi par un retour en présentiel synonyme de davantage de stress et de pression que le télétravail (ou encore de contraintes plus difficilement tenables entre l’organisation de la vie personnelle et professionnelle). Les symptômes indicatifs en seraient une inquiétude excessive, des absences, des difficultés de communication ou encore des changements d’humeur et des         émotions (irritation, tristesse, colère, etc.).

 

Si l’on ne connaît pas le pourcentage de salariés concernés, mieux vaut prévenir que guérir.

 

Gérer l’anxiété du déconfinement

Les élus peuvent demander la mise en place de plusieurs actions complémentaires.

 

En premier lieu, ils peuvent demander à ce que les salariés soient informés du calendrier du retour au travail et que celui-ci intègre ne certaine flexibilité durant une période de transition, par exemple en permettant le télétravail ou en étant plus souple sur les horaires. Ce calendrier s’accompagnerait du maintien d’un certain nombre de procédures et de règles pour éviter la propagation du virus (possibilité de conserver le masque, évitement des regroupements, maintien de règles d’hygiène et de la distanciation sociale, etc.).

 

Ensuite, ils peuvent demander que l’encadrement soit informé de cette problématique afin d’être à l’écoute de leurs collaborateurs en prenant régulièrement de leurs nouvelles et en les invitant à s’exprimer. Un entretien de bilan du retour au travail pourrait également être organisé afin d’identifier les ajustements nécessaires pendant une période de transition.

 

Enfin, les élus peuvent inviter le personnel à les contacter pour aborder leurs problématiques individuelles en vue de trouver ensemble des solutions, avec la direction, l’encadrement et, si nécessaire, le médecin du travail ou un assistant social.

 

Espérons qu’avec le temps – et l’amélioration de la situation sanitaire – cette anxiété s’atténue et que de nouveaux équilibres entre la vie professionnelle en présentiel (ou avec davantage de télétravail) et la vie personnel permettent à toutes et tous de retrouver le chemin d’un travail apaisé.

 

 

Stéphan Pezé

Consultant-formateur Santé et Sécurité au travail

Formateur pour Elegia

 

Auteur de « Les risques psychosociaux : 30 outils pour les détecter et les prévenir »,

Collection « Lire Agir » aux Editions Vuibert

https://www.vuibert.fr/ouvrage/9782311620955-les-risques-psychosociaux

 

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