Mon Kiff Soft Skills : Sylvie Clémence-Levassor et la puissance de l'écoute active

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En charge de l’offre Soft Skills chez Lefebvre Dalloz Compétences, Sylvie Clémence-Levassor cultive depuis toujours une conviction profonde : bien écouter, c’est bien plus qu’entendre. C’est comprendre l’autre, capter ses besoins réels et créer un lien de confiance. Ancienne commerciale devenue consultante-formatrice, elle a fait de l’écoute active le fil rouge de sa carrière. Une soft skill qu’elle applique au quotidien dans ses échanges, ses formations, son management, et qu’elle considère comme la clé de voûte de toute relation professionnelle.

De la vente à la formation : un fil rouge nommé « écoute »

« Avant de rejoindre Lefebvre Dalloz Compétences, j’ai exercé pendant une quinzaine d’années dans le commerce. J’ai été cheffe de secteur, cheffe de banque, puis directrice commerciale. Et très vite, j’ai compris une chose essentielle : on a beau avoir le meilleur produit du monde, si on ne sait pas écouter son client, on ne vend rien. L’écoute active s’est imposée à moi comme une évidence. Poser les bonnes questions, laisser l’autre s’exprimer, reformuler pour bien comprendre ses attentes… Sans ces étapes, impossible de proposer une solution adaptée. Le commerce, au fond, c’est de la communication.

Et puis, j'ai quitté le secteur de la vente pour m'orienter vers la formation. Depuis quinze ans, je conçois des dispositifs de formation sur mesure pour nos clients. Et là encore, l’écoute active est ma meilleure alliée. Quand j'échange avec un client, je ne me contente pas de répondre à sa demande. Je creuse, je questionne, je reformule. J’essaie de comprendre ce qu’il y a derrière la demande initiale, pour construire une réponse vraiment pertinente.

J’aime bien dire que je suis un peu comme un chef cuisinier. Je crée des recettes, je les teste, je les ajuste. Concevoir une formation, c’est bien, mais encore faut-il qu’elle réponde aux besoins réels des participants. C’est en l’animant, en écoutant les retours, qu’on affine sa pertinence. Pour moi, l’écoute active est donc bien plus qu’une compétence : c’est un fil rouge, une boussole, qui m’a toujours guidée dans mes choix professionnels. »

Écouter pour comprendre ou l’art de créer de la confiance

« Pour moi, l’écoute active est bien plus qu’une technique : c’est une intention. C’est cette volonté de se mettre pleinement à disposition de l’autre, de l’écouter sans jugement, sans interruption, sans chercher à répondre trop vite. J’aime résumer ça ainsi : écouter pour comprendre, et non pas pour répondre. Cette simple phrase a complètement transformé ma manière d’entrer en relation avec les autres, que ce soit dans ma vie professionnelle ou personnelle.

Concrètement, l’écoute active repose sur trois piliers : le silence, les questions ouvertes et la reformulation. Le silence, parce qu’il permet à l’autre de s’exprimer pleinement, sans pression. Les questions ouvertes, parce qu’elles invitent à aller plus loin, à explorer ce qui se joue vraiment. Et la reformulation, parce qu’elle montre à l’autre qu’on l’a écouté… et qu’on l’a compris.

Mais attention, il ne s’agit pas d’appliquer une méthode de manière mécanique. L’écoute active, ce n’est pas un interrogatoire. C’est un échange sincère, respectueux et attentif. On n’écoute pas pour cocher une case, on écoute pour prendre soin de l’autre. Cette posture, je la cultive chaque jour, dans mes échanges avec mes équipes ou mes clients. Et je peux l’affirmer : quand une personne se sent réellement écoutée, elle se sent reconnue. Et quand on se sent reconnu, on s’ouvre, on s’engage, on collabore mieux.

Les bénéfices de l’écoute active sont immenses. Elle réduit les malentendus, prévient les conflits, fluidifie la communication. Elle renforce la confiance, l’entraide et la cohésion d’équipe. Elle favorise le feedback, la prise de décision partagée, mais aussi l’innovation. Bref, c’est une soft skills qui irrigue toutes les autres. Une compétence fondatrice, à mes yeux, de toute relation professionnelle de qualité. »

À distance ou en présentiel, l’écoute active reste la clé du lien

« On me demande souvent si l’écoute active fonctionne aussi bien à distance qu’en présentiel. Ma réponse est claire : oui, à condition d’en faire une vraie priorité. En télétravail ou en travail hybride, on pourrait croire que l’écoute se perd. Mais si la relation de confiance est installée, si les règles du jeu sont claires, alors l’écoute active devient un levier puissant pour maintenir le lien.

Quand j’anime une réunion hybride, je fais toujours attention à donner la parole d’abord aux personnes à distance. Je leur propose un temps dédié pour s’exprimer, et je demande à chacun d’allumer sa caméra pour garder ce contact visuel qui humanise l’échange. J’instaure aussi des règles simples : on ne se coupe pas la parole, on écoute jusqu’au bout, on ne juge pas. L’écoute active, c’est ça : poser un cadre respectueux qui permet à chacun de se sentir considéré, où qu’il soit.

Et puis, il faut rappeler une chose : on ne peut pas toujours dire “oui” à un collaborateur. Mais on peut toujours l’écouter sincèrement. Quand je dois refuser une demande, je m’assure de l’avoir entendue, d’en avoir compris les raisons, et de répondre avec du sens, pas avec une réponse toute faite. C’est ça, aussi, l’écoute active : offrir une vraie considération, même quand on ne peut pas accéder à toutes les attentes.

Je suis une grande bavarde, je l’assume. Et c’est justement pour ça que j’ai dû apprendre à me taire, à faire de la place à l’autre, à pratiquer une écoute attentive. Aujourd’hui encore, je la travaille au quotidien. Parce qu’écouter, ce n’est pas forcément naturel. Cela demande un effort. Mais c’est aussi une formidable preuve d’attention et de respect. Et dans une entreprise, je suis convaincue que c’est ce que nous cherchons tous : être reconnus, considérés… et véritablement écoutés. »

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