Mon kiff soft skills : Evlampia Thoreau et l’excellence, entre exigence et équilibre

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Directrice de la stratégie numérique chez Lefebvre Dalloz Compétences, Evlampia Thoreau évolue au cœur des enjeux de transformation digitale et de formation. Dans un environnement où innovation et rigueur doivent coexister, une soft skill structure particulièrement sa pratique : l’excellence. Mais loin d’une quête de perfection, elle en propose une lecture exigeante et nuancée, indissociable de la bienveillance et de l’audace.

Une exigence fondatrice, héritée et structurante

« Il y a trois soft skills qui me portent : la bienveillance, l’excellence et l’audace. Et si je dois en choisir une, ce serait l’excellence. C’est quelque chose qui m’a été transmis très tôt. J’ai grandi dans un environnement où il fallait bien faire les choses, les faire correctement. Cette exigence m’a construite. Elle m’a permis de suivre un parcours exigeant, puis de construire une trajectoire professionnelle solide. Aujourd’hui encore, c’est un moteur très concret dans ma manière de travailler et de prendre des décisions. »

 

Une soft skill puissante...qui nécessite un véritable équilibre

« L’excellence est une force, mais elle a aussi un revers. Quand on a un niveau d’exigence élevé envers soi-même, il est très difficile de ne pas le projeter sur les autres. On attend le même niveau de qualité, de clarté, d’engagement. Or, tout le monde ne fonctionne pas de la même manière. Il y a donc un équilibre à trouver entre ce que l’on s’impose à soi et ce que l’on attend des autres. C’est un ajustement permanent, qui demande de la lucidité et une réelle capacité à prendre du recul sur ses propres standards.

 

Pour moi, l’excellence ne peut pas être pensée seule. Elle doit être associée à la bienveillance, sinon elle devient dure, voire contre-productive. Elle doit aussi être associée à l’audace. Pendant longtemps, avec une éducation très cadrée, j’avais tendance à rester à ma place, à ne pas trop me mettre en avant. Mais à un moment, j’ai compris que ce n’est pas comme ça qu’on avance. Il faut oser, accepter de ne pas tout maîtriser au départ, dire oui avant de savoir complètement faire. 

 

L’excellence sans audace peut devenir limitante. Elle freine, là où elle devrait justement permettre d’aller plus loin. C’est vraiment l’équilibre entre ces trois dimensions qui fait la différence. »

 

Une soft skill qui se traduit par la fiabilité et la rigueur opérationnelle

« J’ai été indépendante pendant huit ans, et dans ce contexte, l’excellence n’est pas une option. Si le travail n’est pas au niveau attendu, les clients ne reviennent pas. Cette exigence m’a permis de construire une activité durable.

 

Pour moi, l’excellence, c’est avant tout être fiable. Être quelqu’un sur qui on peut compter, dans la durée. Et cela repose sur des choses très concrètes : faire ce qui a été annoncé, respecter les délais, livrer un travail rigoureux, tenir ses engagements.

 

Il y a aussi une dimension d’expertise. Dans des domaines comme l’intelligence artificielle, où tout évolue très vite, l’excellence suppose de rester à jour, de vérifier ses sources, de maîtriser réellement son sujet. Présenter un contenu obsolète ou approximatif n’est pas un détail : c’est ce qui vient fragiliser la crédibilité. »

 

À l’ère de l’IA, l’excellence devient un facteur de différenciation

« On pourrait penser que l’intelligence artificielle remet en cause l’excellence, mais en réalité, elle la révèle. Elle va rendre les bons encore meilleurs, et les autres encore plus fragiles. Parce que pour bien utiliser ces outils, il faut comprendre leur fonctionnement, savoir ce qu’on leur demande et dans quel cadre les utiliser. Si ce n’est pas le cas, on produit du contenu approximatif, parfois trompeur. L’IA ne remplace pas l’exigence. Elle la rend encore plus visible et accentue les écarts de niveau. »

 

Développer l’excellence : une discipline exigeante et consciente

« Si je devais donner un conseil, ce serait d’être honnête avec soi-même. L’excellence demande des efforts, de l’énergie, de la discipline. Si on ne sait pas pourquoi on fait ces efforts, on ne tient pas dans la durée. 

 

C’est aussi une démarche personnelle. On ne peut pas l’imposer comme une norme universelle. Mais dans le monde du travail, être identifié comme quelqu’un de fiable, de solide, sur qui on peut compter, c’est un marqueur très fort. Et c’est souvent ce qui fait la différence sur le long terme. »

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