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Publié le - Mise à jour le
Dans cette chronique, Fany Deveaux et Antonin Goldenberg Fesseau, respectivement associate manager et associate consultant au sein du cabinet Sia Partners, livrent leur recette pour relancer les formations en e-learning.
Depuis les années 2010, le e-learning s’est intégré dans le quotidien des salariés, favorisé par la transformation numérique. En permettant de former un grand nombre de collaborateurs pour un coût limité, il présente des avantages évidents pour les entreprises. Cependant, après une période de forte attractivité, ce format est en perte de vitesse. Son utilisation accrue lors de la période Covid a banalisé le format digital faisant du e-learning une nième activité à distance.
Ce désamour, qui s'explique par plusieurs facteurs, n'est pas irréversible. Au contraire, pour restaurer son attrait et lui rendre sa juste place dans les stratégies de formation, il faut repenser le format et l'usage du e-learning.
Le e-learning est confronté à des critiques croissantes. Les modules ne répondent pas aux attentes des apprenants : jugés trop longs, monotones, denses, théoriques, avec un design peu attrayant, une navigation non fluide et des quiz complexes. L’absence d'interaction et de mise en pratique est particulièrement pointée du doigt.
Cette perception négative est renforcée par l’usage actuel du e-learning, souvent employé dans le cadre de formations obligatoires, parfois sans lien direct avec le métier, (comme les formations de type code de conduite, diversité, etc.). Cela occupe une grande part du temps de formation annuelle au détriment du développement des compétences métier et comportementales.
Il y a également des obstacles pour les équipes formation, confrontées à la rigidité des plateformes LMS (Learning Management System), à la gestion des catalogues de formation et l’obsolescence rapide des contenus nécessitant une veille et des mises à jour constantes. Sans moyen de vérifier l'implication réelle de l’utilisateur, l’efficacité de la formation est difficile à évaluer. Par ailleurs, pour certains métiers ayant un accès restreint au matériel informatique, le tout digital n’est pas une réponse pertinente.
Pour un usage efficace du e-learning, il y a plusieurs conditions à réunir. Le premier enjeu est de dynamiser les modules pour capter puis maintenir l’attention de l’apprenant. Quelques bonnes pratiques, peuvent faire toute la différence :
Le e-learning n’est pas nécessairement la réponse la plus adaptée à un besoin de formation donné. La palette de modalités pédagogiques à disposition des équipes de conception est large :
Les entreprises doivent réinterroger leurs pratiques et investir dans ces nouveaux enjeux pour accompagner au mieux leurs équipes dans le développement de leurs compétences, en tenant compte des attentes et des besoins évolutifs des apprenants. A l’ère du numérique et dans une logique d’adaptive learning, proposer un e-learning personnalisé à chaque apprenant, tant sur le parcours de formation qu’au sein du module lui-même, est une piste solide sur laquelle travailler.
Fany Deveaux et Antonin Goldenberg Fesseau