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Publié le - Mise à jour le
Le manager peut tout d'abord donner du sens en partageant une vision et des valeurs, et en valorisant la contribution de chacun pour la bonne marche de l'entreprise. Cela permet aux collaborateurs de se sentir reconnu dans leur travail, et d'avoir le sentiment de contribuer collectivement à un projet commun.
Il peut agir également sur l'autonomie. Selon Jacques Forest, professeur de psychologie organisationnelle à l'université ESG de Montréal, le besoin d'autonomie est un besoin fondamental de tout salarié. Il fait référence à la possibilité de s'engager dans des activités à la suite d'un libre choix et d'être à l'origine de ses propres comportements. Un employé dont le besoin d'autonomie est frustré dira qu'il sent une pression s'exercer sur lui, qu'il n'a pas vraiment de latitude dans le choix de ses actions au quotidien et qu'il doit exécuter les ordres sans avoir son mot à dire. Un employé dont le besoin d'autonomie est satisfait affirmera qu'il se sent libre de faire son travail comme il le souhaite, d'exprimer ses opinions et de partager ses idées. Il aura le sentiment que les objectifs de l'entreprise correspondent à ses valeurs et d'apporter une réelle contribution au projet de l'entreprise.
Chez Chronoflex, société de 300 salariés dans les flexibles hydrauliques, le patron Alexandre GERARD a revu entièrement l'organisation de l'entreprise afin de renforcer l'autonomie de tous les employés. Il a réduit les niveaux hiérarchiques en supprimant 2 échelons. Désormais ce sont les techniciens qui prennent les décisions opérationnelles. Le rôle du manager étant de donner une vision, définir une direction mais pas de dire comment y parvenir. Depuis, le turnover et l'absentéisme sont en chute libre et le chiffre d'affaire en forte hausse. Il explique que le plus dur en tant que manager a été de lâcher du lest. Afin d'aller jusqu'au bout de ses idées, il a été jusqu'à s'absenter de l'entreprise pendant un an !
Un climat social favorisant l’entraide, la coopération, la libre expression, les feedbacks positifs, l’équité, la confiance et le droit à l’erreur est également très important.
Pour aller dans ce sens, Air France a créé une charte de « non punition de l’erreur » : tout salarié est invité à communiquer sur ses erreurs ou à signaler un dysfonctionnement. La posture du manager ne doit pas être « qui a fait ça » mais « que s’est-il passé et comment faire pour que cela ne se reproduise plus ». Un management trop contrôlant incite les salariés à « cacher » leurs erreurs, ce qui ne fait qu’amplifier les problèmes au lieu de les résoudre.
Chez W.L. Gore, c’est l’ensemble de l’organisation traditionnelle qui a été revue afin de libérer l’entreprise. Les employés sont appelés des associés. Il n’y a pas de manager mais des « leaders » qui sont choisis par les associés. Leur rôle est de guider, influencer et aider leurs « followers » sans jamais imposer. Les « followers » acceptent de les suivre et leur font confiance. Les leaders n’ont pas d’avantage matériel particulier et peuvent perdre leur rôle si leurs équipes les trouvent incompétents. Terri Kelly, l'actuelle présidente, a ainsi été choisie par ses associés, sans même s'être présentée. La notion d'entraide est capitale chez Gore. Tout nouvel associé est parrainé par un « sponsor » qui les accompagne tout au long de leur carrière.