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Publié le - Mise à jour le
En entreprise, comme dans la société, les règles bougent en permanence. Alors que l’autorité fondait les bases d’une hiérarchie claire et non discutée, elle est aujourd'hui remise en question. Crises, défiance, polarisation, quête de sens : le climat sociétal est sous tension. Et l’entreprise n’est pas une bulle à part, elle reflète les mêmes dynamiques que dans la société. Alors, comment fédérer et diriger dans ce contexte ? Voici quelques clés pour adopter les nouvelles règles du leadership situationnel.
Lorsque l’on regarde autour de nous, il semble évident qu’un changement de paradigme en matière d'autorité s’est opéré ces dernières années. Les figures d’autorité traditionnelles (politiques, médiatiques, scientifiques…) sont régulièrement remises en question. D’un côté, on attend des leaders qu’ils soient forts et capables de prendre des décisions souvent difficiles, d’un autre on observe un rejet parfois très affirmé de l'autorité. L’équilibre est donc difficile à trouver.
En entreprise, c’est la même chose. Le statut ne suffit plus pour guider et diriger. Un directeur, un manager, un responsable ne peut plus uniquement compter sur son titre pour fédérer son équipe. La parole du supérieur hiérarchique est désormais scrutée, parfois même contestée. Et les modes de management trop rigides, trop verticaux, sont de plus en plus rejetés.
Mais alors, comment faire ? En comprenant que le leadership repose désormais sur la crédibilité, plus que sur l’autorité. Cela signifie que le leader doit avant tout expliquer ses choix, même s’ils sont difficiles. De cette façon, il montre que ses décisions ne sont pas arbitraires, mais réfléchies. Le leader doit toutefois être ferme, mais sans être trop autoritaire. Par exemple, plutôt que d’imposer un changement de process en disant “Désormais vous ferez comme ça.” Le leader fonctionnel qui réussira à fédérer expliquera plutôt : “Voici pourquoi il est important de changer de process et voici comment nous allons nous y prendre”. Même si l'équipe n’est pas entièrement convaincue, elle dispose au moins de repères stables et crédibles.
Il suffit d’allumer la télévision, d’ouvrir les réseaux sociaux, d'écouter les débats publics…. Les tensions et les polarisations sont légion. Partout, les camps s'opposent, les discussions s’enveniment, et les consensus semblent devenus impossibles à trouver. La société se polarise de façon flagrante, et l’entreprise n’échappe pas à ce phénomène.
Au sein de l’entreprise, les désaccords sont ainsi devenus plus visibles. Alors qu’avant les décisions étaient suivies sans être discutées, elles sont aujourd'hui de plus en plus remises en question. Les conflits émergent également au sein des équipes. Les décalages entre générations créent des tensions visibles, les valeurs entre métiers s’opposent parfois, tout comme les visions de l'entreprise et plus largement du travail. Avant ces divergences restées silencieuses, aujourd'hui chacun se sent libre d’exposer ses désaccords et ses opinions. Le leader quant à lui, se retrouve au milieu de tout cela avec pour mission de faire coexister ces différences.
Le rôle du leader ne consiste pas à unifier les opinions. Cette tâche est impossible. En revanche, il a un vrai rôle à jouer pour garantir un cadre commun. Un cadre où les désaccords peuvent s’exprimer sans pour autant casser la dynamique du groupe. Il doit faire en sorte que les tensions ne dégénèrent pas en conflits personnels. Chacun doit en effet pouvoir se sentir entendu, même dans le désaccord. Pour y parvenir, le leader peut notamment mettre en place des espaces de dialogue et adopter une posture de neutralité.
Le désengagement est un phénomène qui s'observe partout. Abstention record aux élections, retrait des engagements associatifs, lassitude généralisée… La société montre des signes clairs de désengagement. Et l’entreprise n’est pas épargnée par cela. Le “quiet quitting” en est un parfait exemple. La démission silencieuse, le fait de se désengager mentalement de son travail en assurant le minimum d’effort, est un phénomène qui s’observe de plus en plus au sein des entreprises. Les collaborateurs ne s’engagent plus par défaut. Ils ont besoin de sens.
Le contrat “implicite” qui régit le travail a changé. Avant, on travaillait pour un salaire, une stabilité ou une carrière. Aujourd’hui, on travaille aussi et surtout pour du sens. Pour éviter le désengagement des équipes, il est donc important de redonner du sens aux missions quotidiennes. Comment ? En redonnant de la clarté sur l’utilité et la contribution de chacun. Attention toutefois à ne pas sur-promettre au risque de causer du désenchantement.
Les leaders font face aux mêmes tensions que celles qui sont visibles à tous les niveaux dans la société. Plus que jamais, le leader se doit donc d’être un repère de cohérence, de clarté et de stabilité émotionnelle. Le leader n’est pas celui qui a toutes les réponses ou qui impose sa vision pour diriger. Il fédère grâce à son écoute active et sa capacité à cadrer les équipes tout en donnant du sens à leurs missions.