Aucun produit dans votre panier.
Aucun produit dans votre panier.
Publié le - Mise à jour le
Dans leur livre blanc À la recherche de l’ADN des transformations métiers et RH, l’organisme de certification Top Employers Institute [1] et le cabinet de conseil Julhiet Sterwen [2] offrent un panorama des nouvelles tendances managériales. Quels sont les leviers mis en œuvre ? Dans quelle perspective ? La transparence est-elle au coeur des dispositifs ?Membre de l’équipe de recherche du Top Employers Institute, Benoît Montet explore la période transitoire actuelle où le management rejoint de plus en plus le leadership. Avec, en première ligne, certaines compétences Soft skills.
La démarche du Top Employers Institute est la suivante : auditer et certifier les pratiques sociales d’entreprises qui en font la demande, sur la base d’un référentiel qui suit l’évolution des cadres et formes d’organisation du travail, des comportements et de l’innovation managériale. La matière [3] que nous recueillons durant nos audits est ensuite consolidée pour réaliser une étude destinée à toutes les entreprises quelle que soit leur taille. Nous explorons quatre grands axes :
Chacun de ces axes est sous-tendu par la digitalisation des pratiques et une nécessité de transparence. Un exemple : 42 % des Top Employers permettent à leurs salariés d’accéder aux informations sur leur rémunération et leurs avantages via un portail en libre accès.
Dans le périmètre élargi de l’entreprise, a-t-on besoin d’un manager pour gérer un service Achats externalisé ? S’agit-il d’un manager à proprement parler puisqu’il n’a pas d’équipe interne et qu’il ne peut recourir aux leviers traditionnels du management – rémunération, développement personnel, bonus de fin d’année ? La posture de ce manager doit évoluer, gagner en leadership en mobilisant l’écoute, l’exemplarité, la transparence, et en multipliant les interactions.
Tout-à-fait ! L’environnement du manager joue un rôle clé dans le développement de son leadership. Cela passe par :
Ces trois questions sont décisives. Et la notion de feedback en est l’une des réponses. En toute hypothèse, le manager doit être accompagné pour « s’approprier » son leadership. Car celui-ci fait appel à des postures et compétences rarement acquises lors de la formation initiale.
Le leadership repose principalement sur les soft skills :
Contrairement à ce que la figure du leader syndical « qui sort du rang » laisse supposer, le leadership ne repose pas exclusivement sur le charisme ! L’envie, moteur de l’engagement du leader syndical, est en revanche décisive. Or le volontariat des collaborateurs à un programme de développement du leadership n’est actuellement pratiqué que par 1 à 4 % des Top Employers. Il s’agit d’un signal faible, en progression néanmoins.
Elle est réécrite. Le command and control n’est plus l’apanage du manager, même s’il vérifie les indicateurs : chaque collaborateur s’auto-commande et s’autocontrôle (90 % des Tops Employers ont mis en place un système d’auto-évaluation par les salariés). Si les SIRH ou CRM constituent des outils d’interaction et de transparence, ils permettent également le reporting et la traçabilité. Le leader se positionne comme celui qui travaille avec son équipe, via ce type d’outils, pour optimiser les résultats. Le changement est là : il s’agit d’un travail collectif et non plus directif.
La digitalisation de la formation ouvre des perspectives. Ciblée par populations, l’approche devient multimodale : présentielle, à distance, accompagnement sur le poste de travail. Nous sommes à un tournant. Jusqu’à présent, le champ de la formation était extrêmement cadré, avec une feuille de présence, des objectifs, etc. Lorsqu’on demandait aux entreprises si les salons professionnels entraient dans ce champ, leur réponse était négative. Désormais, y participer, intégrer un groupe WhatsApp ou autre, fait partie de la formation. On partage, on expérimente, on active sa curiosité. Et la réforme de la formation professionnelle devrait encore accentuer cette tendance.
Revoir son organisation – pour que le leader ne soit pas en porte-à-faux avec l’environnement dans lequel il évolue. Qu’elle concerne le manager ou le collaborateur, la souffrance au travail résulte de la contradiction entre le discours et le réel. Accompagner le leader dans une démarche de transparence (participation des managers aux processus décisionnels ; SIRH ouverts aux managers et salariés ; communication des incidences de la stratégie opérationnelle sur les besoins en effectifs à long terme ; etc.) – dans un contexte sécurisant où l’on peut questionner le « pourquoi ». Le leader doit comprendre le sens pour pouvoir insuffler une dynamique à ses collaborateurs et transmettre des objectifs clairs, qui impacteront positivement la confiance et l’engagement. Co-construire les solutions – car personne n’a raison tout seul. Cela concerne le leadership et l’entreprise en général. Les décisions du leader sont prises en fonction de ce qu’il écoute et non de ce qu’il décrète. C’est un vrai changement de paradigme !
[1] Le Top Employers Institute est un organisme de certification international spécialiste de la qualité des conditions de travail.
[2] Le cabinet de conseil Julhiet Sterwen accompagne les entreprises dans la définition et la mise en œuvre des processus RH.
[3] Le Top Employers Institute recourt à une méthodologie unique de certification globale des organisations, dans 116 pays. En France, 72 certifications ont été attribuées à des Top Employers en 2017 (94 % de groupes internationaux, avec un effectif moyen de 10 000 salariés).
[4] GPEC, gestion prévisionnelle des emplois et compétences.
[5] Le plan de succession est un outil qui vise à garantir la continuité de l’organisation en identifiant ses postes clés, en mesurant le risque de défaillance des personnes qui les occupent et en mettant en œuvre les actions nécessaires pour en assurer la succession.
Benoît Montet
Benoît Montet est membre de la recherche du Top Employers Institute, organisme de certification international qui distingue la qualité des conditions de travail proposées aux salariés par les employeurs, ainsi que leur politique d’innovation RH et managériale. Il a auparavant dirigé de multiples projets RH en France et à l’étranger dans le secteur industriel ou les services et pour de grands groupes de distribution.