Podcast CULTURE SOFT – Travail sous pression : savoir s'organiser et moduler son stress (épisode 9)

Publié le - Mise à jour le

podcast-culture-soft
Voir tous les podcasts

Après la dimension répétitive du travail[1] , place aujourd’hui au travail sous pression. C’est un phénomène que l’on retrouve dans de nombreux métiers, et secteurs d’activité, alors que l’être humain n’est pas fait pour supporter la pression sur la durée. Quelles soft skills sont mobilisées pour travailler dans ces conditions ? Le travail sous pression provoque du stress : quels sont les leviers pour y faire face ?

Le travail sous pression, de quoi parle-t-on ?

Le travail sous pression correspond à différentes configurations, en fonction des métiers ou des situations. On pense d’abord aux métiers du secteur de la santé, à ceux de l’hôtellerie-restauration (on parle souvent de « coup de feu »), aux hôtes de caisse, à la relation client et au commerce…

Vous l’aurez remarqué, on emploie souvent un vocabulaire de combat pour illustrer les situations professionnelles. Cela vient du fait que, historiquement, le travail a été associé à la souffrance. Etymologiquement, le mot travail vient du latin tripalium, à savoir un instrument de torture muni de trois pieux.

Travailler sous pression peut signifier se dépêcher en permanence pour mener à bien ses missions “dans les temps”, devoir interrompre régulièrement une tâche en cours pour se consacrer à une autre qui n’était pas prévue ou, tout simplement, ne pas pouvoir arrêter son travail quand on aurait besoin de le faire. La gestion de la pression passe par la gestion du temps.

Avant de trouver une solution, il faut identifier les causes. Le travail sous pression peut être lié à plusieurs facteurs, comme une mauvaise évaluation de la charge de travail. Dans un monde idéal, ce n’est pas au collaborateur de remédier à la situation mais au management, à l’entreprise. Dans le monde réel, il doit faire son travail coûte que coûte.

Le travail sous pression étant protéiforme, les soft skills à mobiliser – et à combiner – sont nombreuses.

Quelles soft skills pour faire face au travail sous pression ?

Supposons qu'un collaborateur doive aller au-delà de ses limites pour que le travail soit fait dans les délais : une telle situation ne peut pas durer. Car, à terme, il se mettrait en danger l’entreprise serait elle aussi perdante.

Dans cette situation, la communication, la confiance en soi et même l’affirmation de soi sont les soft skills à mobiliser en quête de soutien, pour faire remonter l’information au service RH ou au management.

Pour faire face à des surcroîts d’activités, liés au métier ou au secteur, il faut trouver des solutions pour supporter la pression. La concentration - ou attention sélective - est particulièrement sollicitée lorsqu’il faut s’interrompre pour gérer une tâche imprévue ou faire un travail de précision dans un environnement bruyant.

Aussi, l’organisation personnelle et l’autonomie sont des soft skills décisives face à l’imprévu. Elles permettent d’anticiper, sur une journée, les tâches que l’on peut reporter au lendemain pour se concentrer sur les plus urgentes, dans la mesure où du temps a été consacré à gérer d’autres sollicitations. Parce que quitter une tâche puis y revenir oblige à adapter son planning en temps réel. Dans cette optique, la matrice d'Eisenhower[2] est également un outil intéressant qui permet de classer les tâches à faire en fonction de leur urgence ainsi que de leur importance.

Toutefois, le collaborateur doit aussi apprendre à dire « non », en déterminant si les sollicitations qu’on lui adresse sont opportunes, ou non. Pour cela, l’affirmation de soi – une nouvelle fois – et l’assertivité, entrent en jeu. La communication joue également un rôle important pour refuser une demande sans toutefois la “rejeter” brutalement.

Par ailleurs, pour mieux vivre le travail sous pression, l’adaptabilité professionnelle est une compétence-clé. Elle repose sur l’intelligence émotionnelle – qui permet d’identifier nos émotions ou celles de notre interlocuteur, et de comprendre les besoins qu’elles traduisent – d’une part, et sur la connaissance de soi d’autre part.

La connaissance de soi est un moyen d’identifier nos valeurs personnelles et sociales, nos sources de motivation ou encore les croyances qui nous influencent. Et ce sont justement ces éléments qui peuvent nous empêcher de prendre le recul nécessaire face à l’imprévu.

La gestion du stress

On ne peut pas traiter le travail sous pression sans parler de la gestion du stress, indispensable dans cette situation. Le travail sous pression implique nécessairement du stress. Il est aussi important de noter que l’être humain ne peut pas supporter un stress prolongé. Le stress chronique peut mener à une dépression ou à un burn-out.

Toute personne étant amenée à connaître, à un moment de sa vie professionnelle, des périodes de stress, il est toutefois important de connaître les ressources à mobiliser pour y faire face, notamment quand on travaille sous pression régulièrement.

La première étape, pour prévenir l’apparition du stress, consiste à dormir suffisamment. Une bonne alimentation et une activité physique – sportive ou douce – ont aussi leur intérêt. Outre ces conseils “bien-être”, la connaissance de soi (donc de nos propres réactions) permet de moduler le stress. Est-on du style à prendre du temps pour viser l’excellence ou à répondre à tous dans le but de « faire plaisir » ?

En situation de pression, « s’obliger » à faire des pauses, à condition de disposer d’un niveau d’autonomie suffisant, permet de prolonger davantage les efforts.

Enfin, des modérateurs de stress peuvent être développés, les 5 R : la respiration (ou relaxation), le rire, la capacité à se ressourcer, celle de relativiser et la possibilité de raconter (à des collègues de confiance par exemple). Et aussi avec les TOP - les Techniques d’Optimisation du Potentiel - conçues initialement par  le Dr Edith Perreaut-Pierre[3] pour aider les militaires et les sportifs de haut niveau à gérer leur stress.

Pour conclure, comme le disait Épictète, « ce ne sont pas les événements qui perturbent les Hommes mais l’idée qu’ils s’en font ». 

Au tout début de cet épisode, il est aussi question d’une union - et de nouveau générique. Et si notre duo poursuit son exploration de l’univers des soft skills, il donne également des conseils “bien-être”, sans pression bien sûr.

Bonne écoute 🙂


[1] Le Podcast CULTURE SOFT – Quelles soft skills pour répondre à la dimension répétitive du travail ? (épisode 8 - saison 2)

[2] Conçue à partir d’une citation de Dwight D. Eisenhower, 34ème président des Etats-Unis.

[3] Méthodes mises au point par le Dr Edith Perreaut-Pierre lorsqu’elle était médecin des armées, médecin du sport.

Formations qui pourraient vous intéresser

tealium