Faut-il prioriser les soft skills pour contourner les difficultés de recrutement ?

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Difficultés de recrutement
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Les entreprises font face à une pénurie de talents et les recruteurs se heurtent à des difficultés de recrutement. Les recruteurs passent-ils à côté de la perle rare en se focalisant sur le “profil parfait” ? Les candidats renoncent-ils à postuler par peur de ne pas répondre aux attentes ? Une seule solution pour les recruteurs : faire des concessions sur les hard skills, au profit des soft skills. Focus sur l’étude OpinionWay pour Indeed, « Les difficultés de recrutement en 2023 » [1].

Recruteurs et candidats face aux difficultés de recrutement

Le constat est sans appel : 82% des recruteurs interrogés rencontrent, de manière générale, des difficultés pour recruter. Un chiffre qui monte même à 86% lorsqu’ils recherchent des profils répondant à des critères précis.

Si les recruteurs reçoivent en moyenne 20 candidatures dans le cadre de leurs process de recrutement, 41% des profils ne correspondent ni aux critères recherchés, ni à l’annonce. En parallèle, 39% des candidats considèrent qu’il est difficile de trouver une offre d’emploi correspondant à leur profil.

Une autre donnée pourrait expliquer cette difficulté à identifier le profil idéal : près d’une entreprise sur deux (48%) propose un entretien seulement si au moins 80% des critères attendus sont remplis par le candidat. Et seulement un candidat sur deux postule s’il possède au moins 80% des critères recherchés. Dans cette situation, les entreprises mais aussi les candidats passent à côté de belles opportunités : 91% des candidats interrogés se sont déjà sentis intimidés par une offre d’emploi.

Cette quête du profil parfait, illustrée par des offres d’emploi pourvues de longues listes à puces de compétences recherchées, montre une fermeture des entreprises aux profils atypiques. À ce propos, 89% des candidats pensent que ces profils sont trop souvent mis de côté. Qu’en est-il vraiment ?

Recruteurs VS candidats : une perception différente de l’importance des softs skills

L’étude OpinionWay pour Indeed est révélatrice : 82% des candidats pensent que les entreprises ne sont pas prêtes à faire des concessions sur les profils recherchés. Alors qu’en parallèle, 75% des recruteurs se disent moins exigeants en matière de recrutement.

Le fait marquant de cette étude est bel et bien la différence de perception de l’importance des soft skills entre les candidats et les recruteurs. Du point de vue des candidats, les hard skills sont plus importantes que les soft skills. Compétences linguistiques (29%), diplômes (25%), expérience professionnelle pertinente (20%) et compétences métier spécifiques (20%) : quatre compétences dites « hard skills » sont présentes dans le top 5 des critères qui manquent le plus à leur candidature.

Et dans la réalité des recruteurs ? Les diplômes (32%), l’expérience professionnelle pertinente (28%), les compétences métier spécifiques (23%) et les compétences linguistiques (22%) font partie du top 5 des critères sur lesquels ils sont prêts à faire des concessions. A l’inverse, les soft skills sont les critères sur lesquels les concessions sont difficiles : travail en équipe (18%), rigueur (16%), humilité (16%)[2], débrouillardise[3] (16%) et compétences managériales (13%).

 Sans surprise, la rigueur (37%), la débrouillardise (31%) et le travail en équipe (27%) sont les trois compétences dites « soft skills » présentes dans le top 5 des critères qui manquent le plus aux candidats selon les recruteurs.

Miser sur les soft skills pour contourner les difficultés de recrutement ?

68% des candidats ont déjà postulé à une offre ne correspondant pas tout à fait à leur profil et ont tout de même obtenu un entretien d’embauche et 55% d’entre eux ont même reçu une proposition d’embauche par la suite.

Les recruteurs sont donc prêts à faire des compromis sur le « profil parfait » : 60% pensent que les concessions sur les profils des candidats ont eu des conséquences positives à la fois sur le recrutement et leur entreprise. 58% assurent même que cela pourrait se pérenniser dans les années à venir.

85% des recruteurs se disent prêts à recruter un candidat qui n’a pas toutes les compétences attendues pour le poste mais qui se montre volontaire. Ils estiment que les soft skills de ces profils leur permettront de s’adapter plus facilement et d’apprendre les compétences nécessaires plus rapidement pour performer à leur poste. 54% des recruteurs seraient même prêts à embaucher un candidat qui, de toute évidence, ment sur ses compétences réelles… s’il sait se montrer convaincant ! Il est important de noter qu’un candidat sur trois a déjà menti sur son CV pour obtenir un entretien, et 30% d’entre eux se verraient bien recommencer.

Pendant longtemps, les soft skills étaient considérées comme un « petit plus » aux yeux des recruteurs, auquel il fallait former les meilleurs talents, en guise de récompense. Si aujourd’hui leur importance ne fait plus aucun doute (une recrue sur deux ne passe pas plus de 18 mois dans l’entreprise[4], un déficit de certaines soft skills générant bien souvent une inadéquation entre une nouvelle recrue et l’entreprise ou son poste), l’identification des soft skills chez les candidats est un enjeu majeur.

D’ailleurs, le baromètre des soft skills 2023 proposé par Lefebvre Dalloz Compétences, qui illustre la façon dont elles sont perçues en entreprise, met en évidence ce changement. 72% des répondants déclarent « bien » ou « très bien » les connaître (progression de 11 points en 2 ans). 63% des entreprises déclarent identifier les soft skills de leurs collaborateurs et les développer (+13 points en 2 ans).

L’essentiel à retenir :

  • 82% des recruteurs interrogés rencontrent, de manière générale, des difficultés pour recruter ;
  • 85% des recruteurs se disent prêts à recruter un candidat qui n’a pas toutes les compétences attendues pour le poste mais qui se montre volontaire ;
  • 60% des recruteurs pensent que les concessions sur les profils des candidats ont eu des conséquences positives à la fois sur le recrutement et leur entreprise.

[1] Sondage OpinionWay pour Indeed, réalisé auprès de 519 salariés recruteurs (qui encadrent au moins une personne et participent au processus de recrutement) et de 517 salariés en recherche active, ou passive, d’un nouvel emploi
[2][3]L’humilité et la débrouillardise ne sont pas considérées comme des soft skills. L'humilité est associée à la connaissance de soi (forces et limites) et à la connaissance ou reconnaissance de l'autre. La débrouillardise (ou l'adaptabilité professionnelle) repose sur l'intelligence émotionnelle et la connaissance de soi (les deux constituent un socle), et aussi sur la confiance en soi, l'affirmation de soi, la compétence Apprendre à apprendre et la pensée critique
[4] Baromètre WeSuggest sur l’évaluation des soft skills par les recruteurs en 2022

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