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Publié le - Mise à jour le
L’adoption de cette nouvelle forme de rapport par les grands groupes français signe un changement de modèle de communication financière. L’objectif étant de refléter le plus fidèlement possible la création de valeur.
Un rapport de plus dans l’accumulation de documents en tous genres que doivent produire les directions financières ? Plutôt une nouvelle manière de concevoir l’information communiquée aux tiers : investisseurs, analystes et plus globalement tous les observateurs intéressés par la stratégie de création de valeur de l’entreprise. Ces derniers se retrouvent aujourd’hui noyés dans un flot d’informations réglementaires et financières qui manquent de lisibilité.
Né en Afrique du Sud en 2009, le reporting intégré est venu répondre à cette inflation de production de rapports de références de centaines de pages. Il a pour objectif de communiquer de manière concise sur la création de valeur dans le temps, en réconciliant approche financière et extra-financière, et approche de court terme et de long terme. Il ne juxtapose pas le rapport de développement durable au rapport de gestion, mais synthétise le business model en y intégrant les réponses sur les enjeux liés au développement durable et en montrant le lien entre création de valeur financière et extra-financière.
Ce concept plutôt séduisant sur le papier a d’abord soulevé de vives réticences dans les organes de direction et instances patronales français avant de susciter une adhésion croissante. Depuis que l'entreprise Engie a ouvert la voie en 2014, le reporting intégré a conquis une quarantaine de grands groupes français qui l’ont adopté en 2016 et la moitié du SBF 120 planche sur le sujet. Encore faut-il que tout le monde se mette d’accord sur le contenu de ce nouveau rapport et la manière de le présenter.
En effet aujourd'hui, ces initiatives ne relevant pas d’un cadre obligatoire, restent assez disparates. Chaque entreprise peut conjuguer le reporting intégré à sa sauce, en somme. En s’inspirant tout de même des préconisations de l’IIRC, l’instance mondiale chargée de promouvoir un cadre international pour le reporting intégré. « Le cadre de référence de l’IIRC doit rester une démarche volontaire et ne pas devenir une nouvelle norme qui serait source de contrainte supplémentaire pour les entreprises. » préconisait Paris Europlace dans ses recommandations publiées fin décembre. Ainsi le cadre de référence international laisse le champ libre à l’entreprise de concevoir un document sur mesure, sans obligation d’indicateurs clés de performance ou de méthode d’évaluation imposée. Il suffit donc de respecter quelques principes directeurs comme la présentation des priorités stratégiques de l’entreprise et leur influence sur la création de valeur.