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Publié le - Mise à jour le
Prévu par la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2025, la réforme des allègements de cotisations poursuit sa route. Le décret du 4 septembre 2025 vient fixer les modalités, pour 2026, de la 2ème étape de la modification des réductions de cotisations.
Elle s’est traduit par une baisse du seuil de déclenchement de la réduction du taux de cotisations patronal d’assurance maladie, le seuil étant passé de 2,5 SMIC à 2,25 SMIC (SMIC en vigueur au 01/01/25). Le seuil de réduction pour la cotisation d’allocations familiales a également été revu à la baisse, il est passé de 3,5 SMIC à 3,3 SMIC.
Les modalités de calcul de la réduction générale ne sont pas modifiées sur 2025, à noter cependant, une nouvelle valeur de «T», le taux maximal de la réduction de cotisations, qui a été modifié au 1er mai 2025 du fait de la baisse de la cotisation patronale d’assurance chômage, qui est passée de 4,05% à 4%.
Pour 2026, les dispositifs sont revus en profondeur. En effet, les taux réduits de cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales sont supprimés.
A noter :
Les bénéficiaires d’exonérations spécifiques dégressives continuent à bénéficier du dispositif des taux réduits. Il s’agit des bénéficiaires des exonérations Lodeom, aides à domicile, dispositifs ZRD, ZFRR, TODE, ZFU.
Les cotisations patronales d’assurance maladie et d’allocations familiales sont donc désormais déclenchées pour le taux plein pour l’ensemble des salariés, soit 13% pour la cotisation maladie et 5,25% pour les allocations familiales.
En contrepartie de la suppression des taux réduits, une nouvelle formule de la réduction générale est mise en œuvre, cette réduction s’applique sur les salaires, jusqu’à un point de sortie de 3 SMIC, la réduction devient unique, la réduction générale des cotisations patronales et remplacée par une réduction générale dégressive unique (RGDU).
Les modalités de calcul du coefficient de la réduction sont modifiées pour 2026 :
Bref, une bonne calculette scientifique nécessaire et une grande dose de courage sont désormais nécessaires pour calculer et vérifier cette réduction de charge qui franchit à nouveau un palier dans la complexité.
La mise en œuvre se traduit globalement par une baisse des réductions de charges dont peuvent bénéficier les employeurs, et donc une augmentation du coût du travail. L’enjeu de la réforme étant de mettre en place un dispositif plus dégressif que l’ancien dispositif, dont l’effet pervers était de générer des trappes à bas salaires dissuadant les employeurs d’augmenter les rémunérations pour ne pas franchir les seuils de rémunération faisant perdre le bénéficie des réductions de charges. Désormais la baisse des réductions sera plus dégressive !
Même, si globalement la nouvelle RGDU est moins avantageuse pour les employeurs, on constate cependant que pour certains niveaux de rémunération, le dispositif RGDU peut être plus intéressant
Comparaison des dispositifs RGDU et RGCP pour un employeur de 50 salariés et plus
| Niveau de salaire | % de réduction RGDU (nouveau dispositif 2026) | % de réduction RGCP 2025 + AF & AM (ancien dispositif) | Remarque |
| SMIC | 40,13 % | 20,13 % | Équivalence des dispositifs |
| 1,2 SMIC | 25,05% | 25,76 % | L’ancien dispositif est plus avantageux |
| 1,4 SMIC | 16,32% | 15,50 % | Le nouveau dispositif est plus avantageux |
| 2 SMIC | 5,37% | 7,80 % | L’ancien dispositif est plus avantageux |
| 2,5 SMIC | 2,68% | 1,80 % | Le nouveau dispositif est plus avantageux |
| 3,3 SMIC | 0 | 1,80 % | L’ancien dispositif est plus avantageux |
Ainsi, un chiffrage détaillé des impacts de ce nouveau dispositif est nécessaire pour prendre en compte l’impact budgétaire de la RGDU.
Stéphane Liziard
Consultant expert paie et administration du personnel
Le 29 septembre 2025