Les fonds monétaires français ont subi 48,6 milliards d’euros de rachats nets entre le 12 et le 30 mars 2020. Un chiffre record pour un laps de temps si court. En juillet 2020, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a livré ses conclusions sur les déterminants de ces flux sortants, via une analyse détaillée des données de collecte et de performance enregistrées entre janvier et mai 2020.
Un phénomène contre-intuitif
Les fonds monétaires étant considérés comme les moins risqués du marché, il n’aurait pas été étonnant que les investisseurs privilégient ces supports, au lieu de s’en éloigner, pour protéger leurs avoirs au déclenchement de la crise du Covid-19.
Analyse des motivations de ces rachats
Ces sorties de capitaux s’avèrent très hétérogènes et ne semblent dépendre ni de la performance individuelle des fonds monétaires, ni de la composition de leur actif. De même, l’AMF écarte l’argument selon lequel les investisseurs auraient été en mesure de déceler une anomalie ou un risque spécifique associé aux fonds monétaires en période de crise. Ceci élimine l’éventualité d’une décollecte reposant sur des raisons fondamentales de dégradation du couple rendement-risque.
L’AMF envisage donc d’autres pistes explicatives. Chez les investisseurs professionnels notamment (assureurs, banques, autres fonds communs de placement, sociétés non financières), les rachats ont pu être liés à des besoins de trésorerie, à des appels de marge ou à une évolution des structures de passif, ainsi qu’à d’éventuels arbitrages en faveur des comptes de dépôt. Ces raisons s’avèrent sans lien direct avec la gestion des fonds monétaires, permettant d’éliminer le scénario d’une vulnérabilité liée à ce type de placement ou d’une défiance des investisseurs vis-à-vis de ces fonds.
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