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Publié le - Mise à jour le
Exprimer ses émotions, notamment lorsqu’elles sont douloureuses, est déjà très difficile dans la sphère privée. Alors les exprimer en entreprise, où les émotions sont souvent perçues comme un signe de faiblesse, est encore plus complexe. Pourtant, les ignorer ne les fait pas disparaître. “Ce qui ne s’exprime pas s’imprime sur le corps”, rappelle Manuéla Prouvost, consultante et formatrice en communication et en développement personnel. Alors, comment faire pour que ces émotions, plutôt que de nous submerger, deviennent des leviers de bien-être et de performance au travail ? En passant par une approche qui vise à développer l'intelligence émotionnelle. Voici pourquoi et comment s’y prendre.
Pendant longtemps, le monde professionnel a valorisé une certaine forme de neutralité émotionnelle. Cacher ses émotions au travail était signe de fiabilité et de force. Pourtant, les recherches en neurosciences et en psychologie du travail montrent aujourd’hui que réprimer ses émotions augmente le stress, réduit la créativité et nuit à la qualité des relations professionnelles.
Heureusement, les entreprises les plus performantes l’ont aujourd’hui compris. L’intelligence émotionnelle est une vraie compétence clé. Elle permet de mieux accueillir et gérer ses propres émotions, ce qui se répercute automatiquement sur la performance (concentration, organisation, créativité…), mais aussi sur les relations interpersonnelles.
Les émotions ne sont pas à refouler, au contraire, car elles donnent de précieuses indications. La colère peut par exemple révéler une injustice, la frustration un besoin insatisfait, l’anxiété un manque de clarté. L’enjeu aujourd’hui n'est donc plus de masquer ses émotions, mais plutôt de les comprendre et de les utiliser comme un guide. Cela permet de prendre des décisions plus alignées avec ses valeurs, d’améliorer ses relations avec ses collègues et de renforcer sa résilience face aux défis du quotidien. Et c’est en développant son intelligence émotionnelle, que l’on réussit à faire de ses émotions une force.
Avant d’analyser ce qui se cache derrière une émotion, il faut apprendre à la repérer. Ensuite, il conviendra d'accueillir cette émotion et d’écouter ce qu'elle a à dire. Détecter les signes avant-coureurs, notamment du stress, est donc le premier pas vers un mieux-être au travail. En règle générale, le stress ne surgit pas sans avertissement. Il se manifeste souvent par des signes physiques et psychiques comme des tensions musculaires (cou, épaules…), une fatigue soudaine, des difficultés à se concentrer, des troubles du sommeil ou encore de l’irritabilité. Il peut aussi se traduire par une tendance inhabituelle à la procrastination.
Après avoir détecté ces signes avant-coureurs, il convient d’identifier les éléments qui les ont déclenchés. Il peut s’agir d’un événement ponctuel (un mail mal formulé, une remarque acerbe, un changement soudain de process,...). Le stress peut aussi révéler un mal être plus profond comme un manque de reconnaissance face aux tâches accomplies, un sentiment d'injustice par rapport à d’autres collaborateurs…
Pour repérer ces signes, vous pouvez noter vos observations. Notez les émotions ou les sensations ressenties et dans quel contexte elles se sont exprimées. Écrire aide à prendre du recul et à mieux comprendre ce qui déclenche et se cache derrière vos émotions.
Une fois l’émotion identifiée, vous allez pouvoir l’exprimer à l'interlocuteur concerné, mais pas de n’importe quelle façon. En effet, pour être entendu, il ne faut ni tomber dans la colère ou l'agressivité, ni dans la minimisation de vos ressentis. Pour bien communiquer vos émotions sans fragiliser vos relations, vous allez devoir faire appel à l’assertivité. Une capacité phare en entreprise qui permet de communiquer de manière claire, précise et efficace.
Pour exprimer vos ressentis de manière assertive et constructive, vous pouvez vous appuyer sur la méthodologie de la communication non violente ou sur la méthode DESCR :
En revanche, il est important d’éviter les accusations, les généralisations, les justifications trop longues ou les effusions d'émotions. Plus vous restez factuel et constructif, plus votre demande a des chances d’être entendue. En recentrant la discussion sur des faits, vous faites preuve d'intelligence émotionnelle car vous montrez votre capacité à gérer vos émotions.
Une émotion bien accueillie et gérée peut se transformer en véritable levier de réussite professionnelle. La colère, par exemple, peut devenir une énergie pour défendre une idée ou modifier une situation injustifiée. La peur, quant à elle, peut servir à anticiper les risques et à mieux se préparer. Même la frustration peut être utile, car elle peut booster la créativité pour imaginer une nouvelle façon de travailler, plus épanouissante.
Le stress aussi peut être géré efficacement pour augmenter votre résilience sur le long terme. Le stress n’est effectivement pas un ennemi, mais une source d’énergie que vous pouvez apprendre à canaliser. Bien géré, il peut devenir un moteur de performance et de créativité. La pression stimule la concentration, pousse à innover et renforce la résilience. Plutôt que de le subir, vous pouvez donc l'utiliser pour le transformer en actions concrètes.
Vos émotions ne sont pas un frein, elles peuvent au contraire vous booster au quotidien. Elles vous indiquent ce qui compte pour vous et ce qui doit changer. La vraie astuce consiste à les identifier, les accueillir et les réorienter pour avancer au lieu de les laisser vous paralyser.