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Publié le - Mise à jour le
ELEGIA a rencontré Thomas Chardin, dirigeant et fondateur de Parlons RH. Nous avons échangé avec lui sur sa vision de la digitalisation de la formation. Il vous explique comment mener une transformation efficace et en douceur puis vous parle de l'évolution et des innovations à venir dans le domaine de l'ingénierie pédagogique.
Nous pouvons trouver 3 axes à la digitalisation de la formation : le fond, la forme et le temps :
Il faut éviter tout phénomène de balancier extrême, c’est-à-dire être 0% digital ou 100% digital. Les freins sont de considérer la digitalisation que sous un angle outil et moins sous un angle de transformation culturelle. La digitalisation induit un changement de posture, de pratiques et d’outil. Il faut donc savoir faire preuve de discernement et de distance vis-à-vis de La digitalisation. Mettre l’effet de mode de côté et renforcer l’approche métier. : mettre l’outil au service de l’apprentissage et non l’inverse.
Les premières questions à se poser sont : à qui je m’adresse ? Quel est mon objectif pédagogique ? Il n’y a pas de bons ou de mauvais dispositifs. Il y a juste une ingénierie pédagogique adaptée au projet de formation. La digitalisation n’est absolument pas une fin en soi, c’est un moyen à intégrer dans les objectifs de la formation.
Il y a selon moi quatre innovations majeures :
Peut-être en remplaçant l’appellation « formation » par « apprentissage » comme dans tous les pays du monde, au sens « learning & development » ! Même si les choses changent, la plupart des services RH qui traitent de la formation sont focalisés sur le résultat et non sur le développement effectif des compétences. C’est le fruit de notre histoire nationale et d’une obligation légale de former. Le marketing de la formation, la réalité virtuelle, le big data et le coaching ne vont pas révolutionner la formation mais la faire évoluer d’un coût obligatoire à un investissement à promouvoir.
La formation en France est à un carrefour de son histoire. Il y a 2 phénomènes qui se rencontrent : d’une part la réforme de la formation qui n’est pas aboutie et ne sera sans doute pas la dernière, et d’autre part nous sommes dans une transformation culturelle. Culturelle sur la manière d’apprendre. Charge aux acteurs de la formation de s’accaparer ces évolutions, pas uniquement pour conduire le changement mais pour le devancer, l’insuffler dans nos organisations, et ainsi passer d’une entreprise apprenante à une entreprise formatrice.