L’orthographe au travail, remise à l’honneur par les échanges mails et le distanciel

Publié le - Mise à jour le

Voir toutes les actualités

Trois entreprises françaises sur quatre sont aujourd’hui confrontées à un problème d’orthographe au sein de leurs équipes, qui impacte leur image et peut ralentir l’évolution professionnelle des collaborateurs. Il est heureusement possible de renouer avec la langue de Molière, grâce à une sensibilisation ou des formations dédiées. L’orthographe au travail, une « politesse de la langue[1] » qui fait figure de compétence-clé ? 

 

Quand l’orthographe au travail redevient une préoccupation majeure

En 2022, qu’attend-on d’un salarié ? L’alliance de compétences métier et d’une palette de soft skills, ainsi qu’un bon niveau en français ! Les collaborateurs dotés de ce dernier seraient-ils en voie de disparition ?

D’après un sondage Ipsos pour la Fondation Voltaire, 76 % des entreprises françaises font face à des difficultés récurrentes d’expression écrite et/ou orale chez leurs collaborateurs. Elles sont aussi nombreuses à estimer que l’efficacité professionnelle et la productivité sont pénalisées par ce problème. Un impact qui se fait ressentir jusque dans la performance financière des organisations, selon 65 % des décideurs interrogés. Ce déficit de maîtrise de l’expression écrite comme orale, et plus particulièrement de l’orthographe au travail, génère en effet de multiples erreurs de communication et de compréhension.

 

Une bonne maîtrise orthographique permet de différencier deux CV

Dès l’étape du recrutement, la qualité de l’expression, écrite puis orale, va faire la différence. Une grande majorité des DRH l’intègre dans le top 5 des critères pour sélectionner un candidat. Elle est mêmes fondamentale aux yeux de 86 % des recruteurs, et pour 91 % des responsables RH.

Après l’onboarding et tout au long de la carrière, le sujet reste d’actualité. Plus de quatre employeurs sur cinq estiment ainsi que les difficultés d’expression et les fautes de grammaire ou d’orthographe sont des critères susceptibles de contrecarrer une promotion. Pour les dirigeants interrogés par Ipsos, ces lacunes sont assimilées à un manque de professionnalisme et de rigueur, laissant planer un doute sur le potentiel et les aptitudes des collaborateurs.

 

L’orthographe au travail a été remise à l’honneur par la digitalisation des échanges et le distanciel

Autre problème, et non des moindres : pour l’immense majorité des répondants, le manque de maîtrise de la langue française nuit à l’image de l’entreprise – auprès de l’ensemble des parties prenantes, notamment les clients et partenaires commerciaux.

Comment expliquer que la problématique prenne aujourd’hui une telle importance ? La montée en puissance des reportings, rapports et comptes rendus y contribue, mais la pandémie a encore accéléré la tendance. À distance, les échanges écrits se multiplient, au sein de l’équipe comme avec les clients. La visioconférence requiert également une bonne maîtrise de l’expression orale : il faut réussir à s’exprimer avec fluidité, en se montrant à la fois succinct, pertinent et précis. D’après l’enquête Ipsos / Fondation Voltaire, neuf employeurs sur dix estiment que cette compétence est plus importante qu’avant la crise sanitaire.

 

Une bonne nouvelle : les lacunes orthographiques ne sont pas une fatalité !

Pour évaluer le niveau de français de leurs collaborateurs, quelles que soient les strates hiérarchiques, les employeurs ont intérêt à leur proposer des tests d’orthographe et de grammaire. Des actions de remise à niveau peuvent alors être déployées, adaptées à la diversité des besoins. Comment se réapproprier la langue de Molière à l’âge adulte ? Déjà, en dédramatisant ce qui peut relever d’un blocage scolaire. Le contexte et les méthodes d’apprentissage à l’école – qu’elles concernent l’orthographe, la grammaire ou la conjugaison, ne conviennent pas à tout le monde. La formation va en mobiliser d’autres, plus participatives et moins orientées « sanction », pour expliquer les règles et contribuer à leur appropriation. Chacun peut, par exemple, utiliser les moyens mnémotechniques qui lui conviennent le mieux.

L’accent sera également mis sur la confiance en soi, afin de se réconcilier avec l’orthographe au travail et/ou ses capacités d’expression orale. Le formateur va insister sur l’importance de l’entraînement, avec les fameuses dictées de Bernard Pivot ou des exercices issus des applications d’apprentissage des langues étrangères. Pour certains types de besoins - les échanges commerciaux notamment – un véritable parcours  de formation sera envisagé. Un exemple avec les bonnes pratiques de l’écrit « orienté client » : comment choisir une réponse-type à bon escient ? Comment rédiger une réponse personnalisée dans un style clair et dynamique ? Etc. Sachant qu’en évoquant l’idée d’un « parcours », on pense à la récurrence de l’apprentissage proposé davantage qu’à la durée de la formation.

 

L’essentiel à retenir :

  • L’orthographe au travail et la qualité de l’expression écrite ou orale de leurs collaborateurs posent problème à une majorité d’employeurs.

  • Cette situation impacte aussi bien le salarié (recrutement, évolution professionnelle) que l’image de l’entreprise.

  • Il existe différents programmes de formation pour y remédier. Ils mettent l’accent sur l’appropriation des règles, l’importance de l’entraînement et le développement de la confiance en soi.


[1] Citation de l’essayiste Jean Guéhenno, élu à l’Académie Française en 1962.

Formations qui pourraient vous intéresser

tealium