Insertion professionnelle : pourquoi miser sur la valorisation des soft skills ?

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Soft skills par-ci, soft skills par-là : les compétences psychosociales semblent faire figure de nouveau sésame du monde professionnel. S’il n’est pas question de leur accorder la moindre vertu « magique », il faut reconnaître que ces compétences peuvent agir comme des leviers à de nombreux égards. Leur identification et leur valorisation ont-elles un impact sur l’insertion professionnelle ? Focus.  

Soft skills, mobilité et insertion professionnelle : l’histoire ne fait que commencer !

Dès 2018, France Stratégie et Pôle Emploi publient une étude intitulée « Situations de travail, compétences transversales et mobilité entre les métiers ». Dans ce document de travail, 16 situations professionnelles distinctes sont identifiées : elles sont en effet au cœur de métiers qui n’ont, en apparence, rien à voir entre eux. Et pourtant… Dans le cadre des situations de travail observées, des compétences similaires entrent en jeu. Or, la plupart du temps, il s’agit de soft skills. Ces compétences font donc bien figure de “passerelles”, ou de leviers de mobilité professionnelle. S’il s’agit ici d’évoluer d’un métier voire d’un secteur d’activités à un autre, quid de l’insertion professionnelle, qui consiste à permettre à un actif de trouver un emploi ?

En 2022, lors du 2e sommet de l’Inclusion économique organisé par la Fondation Mozaïk, les multiples représentants d’associations ou d’entreprises engagées en la matière, et la Fondation Mozaïk elle-même, dressent le constat suivant : les outils digitaux ne manquent pas, et les approches pertinentes non plus, pour « ouvrir » davantage les recrutements à une variété de profils[1]. Reste, pour les organisations, à s’en doter et/ou à les adopter - et à développer une vision systémique de l’inclusion économique. Parmi ces approches favorables, la valorisation des soft skills tient la corde.

Article 1 s’engage en faveur des jeunes ayant des difficultés d’accès à l’emploi

Comme le confiait la directrice générale de la Fondation Mozaïk, Géraldine Plénier, à l’issue du sommet en 2022[2], « à diplôme équivalent et à compétences égales, les boursiers ou étudiants des QPV[3] accèdent beaucoup plus lentement à l’emploi ». D’ailleurs, selon l’Observatoire National de la Politique de la Ville (ONPV), le taux de chômage est de 16 % pour les BAC + 2 et plus, au sein des QPV, contre 6 % dans les quartiers environnants. 

C’est pour rompre ce cercle vicieux que l’association Article 1 – parmi d’autres – a développé une plateforme numérique, Jobready. Concrètement, l’outil digital traduit des expériences de vie en compétences psychosociales. Job d’été, engagement associatif, loisir d’enfance : chacune de ces expériences témoigne de la mobilisation de soft skills spécifiques. La plateforme fournit ensuite une synthèse des compétences identifiées et permet de les évaluer afin d’obtenir des badges. Ces derniers peuvent être ajoutés à une candidature, et/ou sur son profil LinkedIn. La démarche ne s’arrête pas là puisque la plateforme permet aussi de rédiger une lettre de motivation ou un CV – en mettant ses soft skills en avant -, de préparer un entretien d’embauche ou de développer son réseau professionnel. Autant d’étapes pour accompagner l’insertion professionnelle de ses utilisateurs, qui y accèdent gratuitement.

Quand les soft skills d’Harry Potter servent d’exemple

L’association Article 1 a récemment mis en lumière l’approche qu’elle déploie auprès des jeunes via sa plateforme Jobready, en l’illustrant de façon ludique. Sur LinkedIn, elle a ainsi proposé un carrousel[4] consacré aux soft skills du plus célèbre des sorciers !

Pour Jobready, la compétence psychosociale n°1 d’Harry Potter est… la communication non verbale. Comment ne pas se rappeler d’Harry, dans Le Prisonnier d’Askaban, s’inclinant respectueusement devant l’hippogriffe pour communiquer avec lui ? Autre soft skill décisive d’Harry : l’adaptabilité, dont il fait preuve en se montrant prudent et docile chez les Dursley - dans une certaine mesure… -, mais audacieux et engagé à Poudlard ! 

Alors, pourquoi un tel « recensement » ? Il faut savoir que les recruteurs, qui priorisent de plus en plus souvent les soft skills dans leurs process, reconnaissent majoritairement ne pas disposer de méthodes fiables d’évaluation de ces compétences. Dès lors, c’est au candidat de savoir mettre en valeur les compétences psychosociales dont il dispose - par écrit, sur son CV, et aussi à l’oral ! En étant capable de raconter certaines expériences de vie dans lesquelles il a pu mobiliser telle ou telle soft skill, il permet au recruteur de faire le parallèle avec des situations professionnelles approchantes. Dans le cadre de celles-ci, la future recrue saura probablement remobiliser les compétences mises en jeu initialement dans un autre contexte. Et si le candidat découvre qu’il dispose des mêmes soft skills qu’Harry Potter, peut-être son insertion professionnelle se déroulera-t-elle loin du monde des Moldus… Alohomora !

>> L’essentiel à retenir :

  • Le caractère de levier d’employabilité des soft skills a été mis en exergue dès 2018, via une étude de France Stratégie & Pôle Emploi notamment. 
  • En apprenant à identifier et à valoriser ses soft skills, toutes les catégories de population rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle se dotent d’arguments à faire valoir auprès de leurs futurs employeurs.
  • Du côté des entreprises et des recruteurs, la valorisation des soft skills permet d’élargir la sélection à des profils plus variés, et de l’affiner avec pertinence dans un second temps.  

[1] Cette plus grande diversité de profils inclut les jeunes en quête d’un premier emploi, ainsi que les personnes en situation de handicap et les seniors.

[2] Le 3e sommet de l’Inclusion économique aura lieu le 28 novembre 2023 à Bercy.

[3] QPV : Quartiers prioritaires de la Politique de la Ville.

[4] Le carrousel LinkedIn est une publication composée de plusieurs visuels qui défilent les uns après les autres. Il peut s’agir d’une succession de photos ou de vidéos accompagnées de textes. Ce format est à la fois interactif et immersif.

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