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Publié le - Mise à jour le
Après un premier documentaire très remarqué, Work in Progress, Samuel Durand propose un second volet consacré à ce qui nous motive à travailler[1]. Au programme : des témoignages inspirants pour comprendre pourquoi nous rejoignons une entreprise plutôt qu’une autre. Autre objectif : mettre en exergue les ingrédients d’un futur du travail perçu comme désirable par un maximum d’entre nous. Rencontre avec le jeune explorateur de notre rapport au travail – et de son avenir.
En 2018-2019, Samuel Durand, alors étudiant en école de commerce, réalise une Learning Expedition consacrée aux bonnes pratiques des entreprises en matière d’innovation managériale et d’organisation du travail. À son issue, il rédige un rapport d’études de 250 pages. Cela ne le satisfait pas. Son objectif est en effet de rendre accessible au plus grand nombre les initiatives susceptibles de nourrir un futur du travail plus « désirable ». Dès lors, le recours à un autre mode d’expression s’impose : de ce rapport d’études initial va naître le 1er volet de Work in Progress. Les différents modes de travail y sont interrogés : en tant que freelance, au sein de collectifs ou de communautés, en tant que créateur de contenu, ou comme salarié d’une entreprise.
Avec Work in Progress #2 : Why Do We Even Work ?, Samuel Durand se focalise sur le modèle du salariat, sans exclure pour autant le fait de « s’éclater au travail » ! Si la première motivation à travailler tient dans le fait d’obtenir un salaire, le souhait de modalités d’organisation plus souples monte en puissance : l’expérience d’OpenClassrooms est significative à cet égard. Les vacances illimitées proposées par la structure permettent surtout aux salariés de travailler quand ils le veulent, de façon synchrone ou non.
Quant au ton, résolument positif, des deux documentaires, il traduit leur dimension « d’inspiration » - et la volonté de Samuel Durand d’acculturer une large audience à des pratiques qui pourraient un jour tous nous concerner.
Selon l’auteure et conférencière Laëtitia Vitaud, experte en futur du travail, l’autonomie, la créativité et la responsabilité – des valeurs cardinales pour tout artisan – constituent des leviers pour nous tous en vue de trouver, ou de retrouver, le sens de notre travail[2]. En effet, il est important de pouvoir mettre « un bout de soi » dans son activité professionnelle, via l’autonomie dont on dispose et la créativité dont on peut faire preuve. Quant à la notion de responsabilité, elle est souvent mal comprise : il s’agit avant tout de pouvoir mesurer l’impact de son travail, sur un projet global ou sur son environnement. Dans Work in Progress : Why Do We Even Work ?, Samuel Durand est parti à la rencontre de salariés de Saint-Gobain, au Royaume-Uni, ou d’une entreprise de développement web, Mindera[3], pour vérifier que ce « modèle » s’applique aussi à l’industrie ou au secteur tertiaire. Sans vouloir spoiler – quoique ! -, la réponse est affirmative. Le futur du travail sera nourri de ces valeurs issues du passé et néanmoins novatrices.
Dans le documentaire, trois sources de motivation majeures sont identifiées. L’environnement de travail tout d’abord, qui inclut la notion de flexibilité ainsi que les liens sociaux que l’on crée dans le cadre professionnel. Bien que cela ne soit pas « du travail » à proprement parler, cela y contribue. La deuxième source de motivation se retrouve dans la thèse de Laëtitia Vitaux évoquée précédemment. Pour le troisième aspect, Samuel Durand mobilise la langue anglaise, qui dispose de deux mots pour un même terme en français : le sens de notre métier et des tâches que l’on accomplit. Nous souhaitons tous, de plus en plus, contribuer à quelque chose « qui nous dépasse » !
Or, en anglais, on parle de meaning ou d’impact – dans une perspective individuelle ou collective. Avec ces deux notions, les valeurs personnelles d’une personne et celles de l’entreprise peuvent se rejoindre. Y compris lorsque l’engagement de l’entreprise n’est pas totalement sincère, au départ… In fine, le caractère de « consommateur » des candidats va pousser les organisations à se transformer pour répondre à leurs attentes – comme le souligne Emmanuelle Duez, fondatrice de The Boson Project et présidente de l’association Women’Up (entre autres). L’éthique ne sera peut-être pas le principal « levier » du futur du travail mais peu importe – s’il se dessine de façon stimulante.
Dans Work in Progress : Why Do We Even Work ? Samuel Durand dialogue avec 14 personnes issues de Ben & Jerry’s, Saint-Gobain, Mindera, OpenClassrooms & Rabbit On the Roof. Leurs témoignages sont complétés par les apports de Laëtitia Vitaud et d’Emmanuelle Duez.